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Septembre 2016 : le regard de CALIF sur l’actualité

Le logo de la nouvelle chaîne publique d'information en continu, Franceinfo

Le lancement de Franceinfo

Le 1er septembre a vu la naissance de la nouvelle chaîne d’information en continu, dans un paysage audiovisuel français déjà bien chargé (4 chaines sur la TNT, un record en Europe). Franceinfo est devenue la première chaîne publique d’information en continu, diffusée sur le canal 27 de la TNT et portée par quatre structures publiques : France Télévisions, France 24, Radio France et l’INA. Loin de vouloir copier le modèle de ses concurrents, la chaîne aspire au contraire à traiter l’information de manière plus qualitative et à fournir des contenus et formats orignaux. Pas question de reproduire les erreurs de traitement de l’information dont on a parlé dans notre article de juillet.

Et au niveau du contenu, des programmes, le pari semble réussi ! Avec des formats innovants (vidéos courtes), un plateau au centre de la rédaction (on peut voir les journalistes travailler dans des bureaux adjacents), des programmes originaux (le datagueule, qui propose de traiter de l’actualité sous l’angle des Big data)… Franceinfo détonne dans le paysage audiovisuel français. Et ne le fait d’ailleurs pas que sur la télé, puisqu’elle propose du contenu à la télévision, à la radio, sur Internet et en mobilité grâce à une application.

Au niveau des résultats d’audience, la chose est moins sûre. On ne connaît pas réellement les parts d’audience (PDA) car la chaîne a refusé de s’inscrire au baromètre de Médiamétrie afin de garder le secret pour un temps. Des données ont cependant fuité et montrent que le succès de la nouvelle chaîne publique est pour le moins limité. En effet, si elle a bénéficié d’un effet de curiosité (contesté cependant par les représentants de la chaîne), atteignant 0,6% de parts d’audience au plus haut, ce qui la plaçait en deuxième position derrière BFMtv, elle stagnerait aujourd’hui à 0,3% de parts d’audience, c’est-à-dire en en queue de peloton derrière LCI (chaîne info du groupe TF1).

Les équipes s’étaient pourtant bien préparées, s’entraînant une semaine à l’avance en réalisant leurs programmes « à vide », à savoir sans les diffuser. Et 24 heures avant le lancement officiel, la chaîne était disponible sur Internet pour les plus curieux d’entre nous. L’habillage graphique avait été soigneusement pensé, pour doter la nouvelle entrante d’une image moderne et innovante (et on se souvient la polémique qu’avait provoqué en juillet dernier le coût du logo de Franceinfo révélé par Le Canard enchaîné, polémique infondée puisqu’il s’agissait en fait de l’habillage de tous les supports de communication).

Fort heureusement, la chaîne paraît bénéficier d’une meilleure audience sur les réseaux sociaux, puisque ses contenus diffusés sur les plateformes communautaires se relaient mieux que ceux de BFMtv, pourtant double leader en audience à la TV et sur Internet. Seul l’avenir permettra de dire si les investissements conséquents (budget de fonctionnement d’environ à 25 millions d’euros par an selon la presse) des diverses structures publiques étaient justifiées au regard de la compétition féroce actuelle entre les chaînes d’information.

La rencontre d'Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire

De l’intérêt pour les candidats de courir foires, salons et congrès…

L’approche des Primaires à droite et à gauche et des élections présidentielles agite la sphère politique qui profite de chacune des foires ou des salons professionnels pour relayer ses messages auprès de communautés ciblées. Et en ce mois de septembre, les rendez-vous étaient nombreux ! CALIF a dénombré pas moins de quatre événements majeurs donnant lieu au défilé de candidats désireux de soigner leur image auprès d’une population catégorielle, ou de bénéficier d’importantes retombées médiatiques. Car pour un homme politique, apparaître dans un salon permet de trouver les micros et caméras qui relaieront les petites phrases prononcées au détour d’une question ou d’un stand et de proposer de belles images aux chaines d’information en continu. Mais c’est aussi prendre le risque de se faire interpeller, voire sévèrement chahuté, par un visiteur ou un exposant du salon. L’arme est à double-tranchant, donc, et on se rappelle des dégâts qu’avait causé le « Casse toi pov’con » de Nicolas Sarkozy en 2008. Le principal enjeu de ces rendez-vous, pour les politiques, est d’apparaître proche du terrain et des problématiques des Français.

Par exemple, la Foire de Châlons-en-Champagne, 2ème événement agricole de France, qui a vu se presser de nombreux candidats durant la 1ère semaine de septembre. Il s’agissait aussi du 1er déplacement d’Emmanuel Macron en tant que simple président d’En Marche, après sa démission du ministère de l’Economie. Une visite remarquée au sens où il a refusé in fine de dialoguer avec des chefs d’entreprise, comme le prévoyait pourtant le programme officiel. Au nom « du respect des valeurs républicaines » a indiqué le principal intéressé. Ce qui a provoqué une certaine incompréhension parmi les chefs d’entreprise présents, ceux-ci se demandant en quoi un ministre serait plus légitime à s’exprimer qu’un chef de parti. Autres personnalités présentes à Châlons ? Alain Juppé ou encore Nicolas Sarkozy.

Le département de la Marne avait décidément la cote en ce mois de septembre puisqu’à quelques kilomètres de Châlons, la deuxième édition des Assises du Produire en France à Reims les 8 et 9 septembre a vu défiler pas moins de quatorze personnalités politiques de droite comme de gauche (Bruno Le Maire, Alain Juppé, François Fillon, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen…), invitées à s’exprimer devant plusieurs centaines de chefs d’entreprise sur le mode d’un « Grand Oral ». L’occasion pour chacun de déclarer son amour au « Made in France », popularisé par Arnaud Montebourg, ou au contraire de prôner une ouverture aux logiques de la mondialisation. Mais la communication politique va au-delà des grands discours, puisque les interviews et divers « off » de la tribune donnent lieu à des déclarations proches de la « petite phrase », censées rester dans les mémoires (un Arnaud Montebourg déclarant par exemple que les citoyens devaient aller voter avec leur carte de crédit, un Bruno Le Maire affirmant que la France savait surtout produire des candidats à l’élection présidentielle).

Mais aussi le salon SPACE, salon de l’élevage à Rennes du 13 au 16 septembre, réunissant autour de 100 000 visiteurs ainsi que des centaines d’exposants. L’événement a attiré plusieurs candidats de droite et comme Jean-François Copé, Hervé Mariton, Bruno Le Maire, Alain Juppé, François Fillon ou encore des personnalités de gauche comme Emmanuel Macron ou Stéphane Le Foll. Nicolas Sarkozy s’est d’ailleurs fait remarquer par son absence, tout comme il n’était pas présent aux Assises du Produire en France, seulement représenté par Christian Estrosi.

Le 123ème congrès national des pompiers enfin, organisé à Tours du 21 au 24 septembre, a permis de de constater qu’il est toujours utile d’aller faire campagne auprès de professionnels appréciés des Français, tout en utilisant son mandat. Considéré par François Hollande comme un événement important, le Président s’est en effet rendu à Tours pour effectuer le discours de clôture, où il a été écouté avec intérêt par plusieurs milliers de pompiers. En appelant à la création de casernes et de postes supplémentaires, s’agissait-il d’un discours du Président de la République ou d’un futur candidat à un 2nd mandat ?

Le siège de Berlaymont

La Commission européenne et l’éthique

Plusieurs affaires secouent actuellement la Commission européenne, notamment parce que d’anciens Commissaires entre 2009 et 2014 défrayent la chronique pour avoir ignoré quelques principes de base. L’ancien président et premier ministre portugais José Manuel Barroso, dont les futures fonctions chez Goldman Sachs ont été annoncées dans les règles (20 mois après son départ de la Commission quand le règlement impose d’attendre 18 mois), se voit reprocher ses contacts fréquents avec la banque américaine, au plus fort de la crise financière. Dès lors, on est évidemment en droit de se poser la question de savoir si les informations délivrées par l’ancien président et son cabinet à la banque n’ont aucun lien avec son recrutement comme président non exécutif de Goldman Sachs International.

Autre polémique, celle qui touche Neelie Kroes, avec la révélation de la détention par l’ex Commissaire à la concurrence (2004-2009) puis au numérique (2009-2014) d’une société offshore hébergée aux Bahamas entre 2000 et 2009. Cette affaire pose question quand on sait que la DG Concurrence à Bruxelles dispose de pouvoir étendus pour enquêter sur des entreprises et des dirigeants. Apparemment, elle n’en pas suffisamment pour enquêter sur ses propres Commissaires…

Alors que l’Union européenne doit faire face à une crise de confiance au sein de nombreux Etats-membres (d’autres Brexit ne seraient pas surprenants en cas de référendums identiques ailleurs en Europe) et que le registre de transparence de l’Union européenne est appelé à être renforcé (ce dont CALIF, société inscrite sur ledit registre, ne peut que se féliciter), l’image de la Commission est brouillée. 3 ans après l’affaire Cahuzac avec laquelle on peut se permettre un rapprochement, il est évident que le « faites ce que je dis, pas ce que je fais » au sein des plus hautes autorités publiques n’aide pas à faire reculer le populisme…