Posts written by François Massardier

Après le Salon des Maires, une réflexion à mener sur la relation territoires-entreprises

L’édition 2019 du Salon des Maires et des Collectivités Locales (SMCL) auquel a participé CALIF comme chaque année, vient de fermer ses portes après 3 jours d’exposition marqués par de nombreux débats et échanges.

Reconnu depuis sa création dans l’accompagnement des entreprises sur des problématiques de lobbying au niveau local, CALIF était présent pour accompagner ses clients sur cet évènement majeur en faveur de l’attractivité des territoires.

Les territoires, un levier de compétitivité et de différenciation pour les entreprises

Fort d’un réel potentiel en termes d’innovation, de développement et de richesses, les territoires contribuent au rayonnement économique de la France. Il s’agit d’ailleurs ici de mettre en lumière la relation gagnant-gagnant qu’ils entretiennent, notamment ceux en lien avec leurs métropoles. Grâce à l’aménagement du territoire, conduit conjointement par l’Etat, les collectivités, et les entreprises, mais aussi aux dispositifs de péréquation, les métropoles participent en effet au développement économique des territoires tout en profitant de la qualité de vie qu’ils offrent aux actifs.

Un département comme le Tarn-et-Garonne, sous l’influence de l’écosystème aéronautique de Toulouse, a ainsi vu sa population croitre de 25% (+ 50 000 habitants) en l’espace de 20 ans grâce notamment à la présence sur son territoire de sociétés spécialisées dans la fixation aéronautique ou les systèmes de gestion d’air frais. Longtemps minoré en raison de facteurs historiques, politiques et culturels, le rôle des territoires et donc des collectivités dans la réussite des entreprises est une réalité trop souvent occulté ces derniers mois par la crise des « Gilets jaunes ».

A ce titre, un évènement comme le SMCL permet de rendre compte que les territoires ne sont plus simplement le cadre neutre de l’action des entreprises. Ils représentent de véritables facteurs de compétitivité et de différenciation dont il convient d’encourager les leviers d’action. Les emplois générés localement par ce dynamisme territorial orientent les infrastructures, renforcent l’attractivité et bénéficient à tout l’écosystème local. Le déploiement du numérique est à cet égard un fort enjeu pour toutes les collectivités qui peuvent y développer des usages innovants et renforcer ainsi leur attractivité économique et démographique. Les opérateurs d’infrastructures comme TDF jouent ici un rôle conséquent, notamment dans le cadre de programme comme « Action cœur de ville », où leur expertise en termes de wifi territorial et de déploiement de la fibre est un élément structurant.

Un nouvel acte de décentralisation qui interroge les leviers d’influence locaux

Alors que le projet de loi « Engagement et proximité » est actuellement en discussion au Parlement et que sera présenté au printemps 2020 en Conseil des ministres le projet de loi « Décentralisation, différenciation, déconcentration », il apparaît donc nécessaire d’appréhender les territoires sous le prisme des apports structurants à destination des entreprises. Autrefois cantonnés au simple cadre géographique, ils apparaissent davantage aujourd’hui comme un levier de croissance et de différenciation pour leurs entreprises.

La crise des « Gilets jaunes » et l’annonce d’un nouvel acte de décentralisation comme axe majeur de la seconde partie du quinquennat, interrogent la façon dont les entreprises doivent appréhender les dynamiques territoriales. Surtout, ils changent le rapport à mener en termes d’influence locale au niveau des différents écosystèmes, notamment politiques.

Trop souvent présentés comme délaissés par les pouvoirs publics en opposition aux métropoles, considérées comme les grands vainqueurs de la mondialisation, les territoires et autres collectivités moyennement ou peu denses sont appelés à devenir dans les années à venir les nouveaux leviers incontournables du développement économique en France.

Agriculture urbaine : oxymore ou nouvel enjeu majeur des villes ?

Si les termes « agriculture urbaine » relèvent aujourd’hui plus de la figure de style que du monde réel, les villes ont longtemps maîtrisé leurs ressources alimentaires. Selon le géographe de l’alimentation Gilles Fumey, Paris était autosuffisant alimentairement en 1800. Aujourd’hui, après de longues années de spécialisation territoriale des activités, une véritable prise de conscience citoyenne et entrepreneuriale tend à émerger.

En 2016, Rennes s’est lancée dans un ambitieux programme d’autonomie alimentaire, marchant sur les traces d’Albi, première ville française à s’être fixée, en 2014, l’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2020. En 2017, c’était au tour de la Métropole de Bordeaux de se doter officiellement d’un « Conseil consultatif de gouvernance alimentaire durable ». Beaucoup d’autres, à commencer par Lyon et Paris, commencent à s’y intéresser.

Pourquoi viser l’autonomie alimentaire ?

Plusieurs chiffres expliquent cette prise de conscience. En moyenne, une denrée alimentaire parcourt 3 000 km avant d’être consommée. L’alimentation, qui représente un quart de l’empreinte carbone des Français selon l’Ademe, est donc un enjeu majeur de la transition écologique du pays.

Cette situation trouve moins son origine dans un manque de production locale que dans l’organisation des échanges : d’après une étude d’UTOPIES, 98% de notre alimentation est composée de produits agricoles importés alors que dans le même temps 97% des produits agricoles locaux sont exportés. A titre d’exemple, en Nouvelle Aquitaine, seuls 5 % de la production alimentaire de la zone agricole du Marmandais part en direction de Bordeaux Métropole. En outre, 80 % de cette part passe d’abord par le marché de Rungis, en Ile-de-France, avant de revenir à Bordeaux.

L’autosuffisance alimentaire : un horizon plutôt qu’un objectif réaliste

Si l’on ne peut qu’appeler de nos vœux une plus grande place laissée à l’agriculture en ville, il convient cependant de relativiser l’objectif « d’autosuffisance » alimentaire. Même à Albi, qui n’abrite que 50 000 habitants, le foncier est le nerf de la guerre. « Pour nourrir toute la population en bio, il faudrait 600 hectares de maraîchage alors que, sur tout le département, on compte moins de 300 hectares », selon le conseiller municipal EELV Pascal PRAGNERE.

 

De l’autonomie alimentaire à l’agriculture urbaine

On aurait pour autant tort d’abandonner cet objectif, tant les avantages se multiplient et dépassent très largement le cadre de l’empreinte carbone. L’agriculture urbaine, qui peut être pratiquée sur des toits, dans des cours, des potagers partagés et même dans des espaces publics, mérite en effet d’être encouragée. Les entreprises en ont conscience et mènent aujourd’hui une véritable stratégie d’influence et de lobbying territorial visant à valoriser ce mode de culture. Selon un récent avis du Conseil économique social et environnemental (CESE), l’agriculture urbaine répondrait en partie à de multiples problématiques auxquelles sont aujourd’hui confrontées les villes : création de lien social ; régulation des températures ; gestion des déchets ; biodiversité en ville ; désartificialisation des sols ; protection de l’eau ; régulation du CO²… L’agriculture urbaine offre en outre la possibilité de sensibiliser les urbains aux problématiques du monde agricole, de contribuer à conserver la population dans les territoires, et d’offrir des opportunités d’insertion professionnelle aux personnes éloignées de l’emploi.

 

Agriculture high ou low tech ?

Les nouvelles technologies viennent souvent en aide aux projets d’agriculture urbaine : les serres urbaines deviennent des lieux d’expérimentation des techniques d’hydroponie ou d’« agriculture numérique », et les énergies renouvelables leur assurent une partie d’autonomie énergétique. On peut notamment citer l’exemple de la Ferme Urbaine Lyonnaise, ferme urbaine verticale technologique indoor à haut rendement et efficience énergétique. D’autres projets s’articulent davantage autour du lien social, en se concentrant par exemple sur la prestation de service : les Bergers urbains  proposent par exemple aux collectivités de laisser brebis et moutons entretenir leurs espaces verts en pâturant.


Quels leviers pour l’agriculture urbaine ?

Un des premiers outils mobilisables pour encourager une agriculture plus locale est la commande publique, notamment pour la restauration collective. D’où la nécessité pour les porteurs de projets issus du monde privé de participer à une démarche d’affaires publiques auprès des interlocuteurs idoines dans les territoires. A titre d’exemple, le SIVU Bordeaux-Mérignac sert à lui seul plus de 2 millions de repas par an dont 30 % d’approvisionnement local. Des aides publiques locales à l’installation et la conversion peuvent également être envisagées. Pour autant, une réflexion de fond semble nécessaire. Dans son récent avis, mentionné plus haut, le CESE met l’accent sur plusieurs leviers, notamment : la généralisation des Projets alimentaires territoriaux ; une réforme du droit foncier et des règles d’urbanisme ; les partenariats publics-privés entre les porteurs de projets et les collectivités ; ou encore des mesures fiscales en faveur des projets d’agriculture urbaine.

Si l’agriculture urbaine ne détient pas à elle-seule les clés pour résoudre les problématiques qui touchent aujourd’hui nos villes, elle tient une place de choix parmi les différentes pistes offrant de les rendre plus résilientes. Des villes plus durables, et même plus attractives : selon une étude Unep/Ifop de 2016, pour plus de 8 Français sur 10, la proximité d’un espace vert est un critère important dans le choix de son habitation. L’agriculture, une clé de la revitalisation des petites et moyennes villes ?

 

A la rencontre des élus et des entreprises qui font le « Printemps des Territoires »

L’événement organisé ce jeudi 6 juin était l’occasion de souffler la première bougie de la Banque des Territoires, lancée en 2018 par la Caisse des Dépôts et des Consignations.

La Banque des Territoires a été fidèle à sa raison d’être, rapprocher les ambitions des collectivités et les leviers de l’investissement privé, en réunissant décideurs, élus et entreprises autour de quatre grands thèmes : l’inclusion, la transition écologique, la révolution numérique et l’attractivité.

L’exécutif en première ligne

Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, est revenue sur le dispositif Action cœur de ville, qui vise à revitaliser les centres des villes moyennes françaises en saluant la mise en œuvre « d’une politique spécifique et d’une politique d’accompagnement ». Lancé en mars 2018, ce programme national entre pleinement aujourd’hui dans sa phase opérationnelle après la signature par l’Etat des conventions-cadres dans l’ensemble des villes. Ce programme ambitieux doit permettre à 222 villes (ou binômes de villes) de taille moyenne de bénéficier d’un accompagnement via une convention de revitalisation sur cinq ans.

Pour mémoire, le programme Action cœur de ville, s’articule entres autre autour du développement d’une offre attractive de l’habitat en centre-ville, le développement économique et commercial équilibré, ou encore la fourniture d’accès aux équipements et services publics. Il est notamment soutenu au niveau local par les CCI, dont au premier chef les CCI Métropolitaines comme le démontre l’action de la CCI Alsace Eurométropole sur son territoire. Pour Jacqueline Gourault, ce dispositif doit « renforcer et permette aux élus de développer la stratégie dont ils ont besoin pour donner toutes leurs chances aux concitoyens qui vivent dans leur territoire ».


Cédric O
, secrétaire d’Etat en charge du Numérique, a de son côté insisté sur la nécessité pour les territoires de se saisir des besoins de formation aux métiers du numérique. Il a pointé du doigt cette aberration : « nous avons en France 8,7% de chômage, et le numérique est un secteur qui compte 40 000 emplois non-fournis aujourd’hui, 200 000 demain ». L’ancien conseiller d’Emmanuel Macron est d’ailleurs très investi sur le volet formation, conscient qu’il s’agit là d’un levier pour que le numérique ne soit plus symptôme d’exclusion. Il menait d’ailleurs une réunion de travail deux jours plus tôt, ce mardi 4 juin, avec le groupe Numérique du Pacte productif pour construire des mesures concrètes et soutenir le développement des entreprises, à travers notamment le renforcement du volet formation.

Acteurs publics et acteurs privés

Les collectivités territoriales ont pu partager avec conviction leurs initiatives et leurs ambitions, à travers notamment l’intervention de Jean Rottner, président LR de la Région Grand-Est, qui a commenté la récente décision d’ouvrir le réseau ferré de la région à la concurrence, afin d’accroître l’offre de services à ses habitants. Preuve s’il en était que la puissance publique, à travers l’action et l’influence des collectivités territoriales, peut être un catalyseur de l’innovation et du développement économique local grâce à une action conjointe avec les acteurs privés.


Enfin, le secteur privé justement, a partagé ses idées et ses ambitions au cours de plusieurs Masterclass et interviews.
Jean-Pierre Frémont, directeur en charge des collectivités pour EDF, est par exemple intervenu au sujet des enjeux et des opportunités qu’offrent les villes moyennes, en particulier pour la transition énergétique.

Les villes et collectivités de nos territoires ont ainsi pu trouver dans les Masterclass, présentations et stands tenus en parallèle, nombre d’inspirations pour répondre aux enjeux qu’elles connaissent actuellement.

Les territoires, facteurs clés de l’attractivité de la France auprès des investisseurs internationaux


La France continue d’attirer les investisseurs étrangers et est même de plus en plus attractive. En dépit de la crise sociale des « Gilets jaunes », l’hexagone entre en effet pour la première fois dans le Top 5 des pays les plus attractifs du monde selon le classement établi par le cabinet de conseil américain A.T Kearney.

Une bonne nouvelle quand on sait que le mouvement de contestation a conduit à une baisse de l’activité économique sur tout le territoire, et particulièrement dans les grandes villes de province. A Rouen, la CCI métropolitaine s’alarmait début janvier d’une perte de chiffre d’affaires des TPE/PME comprise entre 30 et 50 % tandis que dans le même temps, l’Insee affirmait que la baisse de quasiment 5 % des nuitées en Île-deFrance était « probablement en lien avec le mouvement social des Gilets jaunes ».

Pourtant, selon le cabinet de conseil américain, la confiance dans l’économie française n’a pas été affectée par le mouvement et la France reste compétitive parmi les économies développées. Une aubaine quand on sait qu’en 2015, les entreprises étrangères, qui ne représentaient que 1% de l’ensemble des entreprises françaises, contribuaient à hauteur de 21% du chiffre d’affaires réalisé par l’ensemble de l’économie française et à 30% du chiffre d’affaires à l’exportation.

Les territoires, notamment constitués autour de métropoles, apparaissent comme les grands vainqueurs de ces investissements.  En Auvergne Rhône-Alpes, on compte aujourd’hui plus de 4 400 entreprises à capitaux étrangers dont plus de 30% (+ 1000 entreprises) sont situées au sein de la métropole lyonnaise. Sur la Côte d’Azur, l’année 2018 a été marquée par l’implantation de près de 2 100 entreprises et 36 000 emplois induits, y compris dans l’arrière-pays niçois. Le développement d’infrastructures idoines comme l’aéroport international de Nice et le dynamisme de cluster comme celui de Sophia-Antipolis, sont autant de marqueurs de la vitalité d’un territoire dont l’offre en termes de mobilités et de déploiement du numérique se fait de conserve avec l’hinterland niçois, dans une logique d’équilibrage de l’économie métropolitaine.

Alors qu’en 2018, le partenariat entre Business France et les agences régionales de développement (ARD) s’est traduit par la diffusion aux Régions françaises de 1 800 projets d’investissements, la signature de la charte des investissements directs étrangers au mois de janvier entre notamment Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances et les Régions de France, représentée entres autre par Valérie Pécresse (Île-de-France) et Renaud Muselier (Sud Provence Alpes Côte-d’Azur) doit renforcer le mouvement.

Désormais cinquième pays en termes d’attractivité économique, la France est aujourd’hui armée pour valoriser ses territoires à l’international, faciliter l’implantation d’entreprises étrangères et le financement de ses startups, PME et ETI et conduire à l’internationalisation de ses écosystèmes locaux.
La présence renforcée de la French Tech et des régions parmi lesquelles la région Centre-Val de Loire, Auvergne Rhône-Alpes, l’Île-de-France, la Normandie, la Nouvelle Aquitaine et la région Sud lors de la dernière édition VivaTech, et ce, dans une logique de lobbying territorial, témoigne de la prise en compte par les territoires de la nécessité de valoriser leur écosystème numérique et la façon dont ils appréhendent leur transformation dans une démarche d’influence auprès des investisseurs internationaux.

 

Heureux de pouvoir valoriser le savoir-faire de nos clients, dans leur territoires mais aussi au cœur des institutions

CALIF a organisé ce lundi 13 mai la visite d’une délégation sénatoriale composée de Cédric PERRIN (LR, Territoire de Belfort), Sébastien MEURANT (LR, Val d’Oise) et Philippe MOUILLER (LR, Deux-Sèvres) dans le cadre d’un déplacement à Saint-Etienne afin de visiter les locaux de l’entreprise Verney-Carron.

Cette visite fut l’occasion pour les sénateurs de découvrir l’histoire de cette PME familiale, qui fêtera ses 200 ans l’an prochain, ancrée dans la culture et le territoire stéphanois. Labellisée « Entreprise du patrimoine vivant », la société Verney-Carron fait aujourd’hui partie des rares entreprises familiales à pouvoir prétendre concurrencer les grands groupes du secteur de la sécurité et de la défense afin d’équiper nos forces de sécurité et nos armées.

Positionnée sur 4 secteurs d’activité, Verney-Carron conçoit et fabrique des fusils de chasse haut-de-gamme relevant d’un savoir-faire à la française unique, mais aussi des armes et accessoires pour les marchés militaire et police.

Cette journée fut également marquée par une réunion de travail entre les sénateurs et les dirigeants du Cluster EDEN, structure regroupant 130 PME du secteur de la défense dont fait partie Verney-Carron, autour de diverses problématiques, dont la nécessité de développer le sentiment national auprès des acheteurs dans le cadre des appels d’offres.

Ce dernier point était justement l’objet de l’audition à l’Assemblée nationale à laquelle a participé le lendemain Guillaume Verney-Carron, directeur général de Verney-Carron S.A, dans le cadre de la commission d’enquête sur les moyens des forces de sécurité. Face à l’enjeu de sécurisation des approvisionnements au moment où le Gouvernement fait part de sa volonté de créer une filière française des équipements et de l’armement, il revient en effet aux autorités publiques de créer un environnement idoine pour nos PME de la sécurité et de la défense.

Bénéficiant d’une forte capacité d’innovation et ancrées dans les territoires, les PME françaises sont les garantes d’un savoir-faire reconnu qui fait rayonner la France à l’international.

Faut-il encore apprendre à conduire ?

Le 9 novembre dernier, Emmanuel MACRON a annoncé une baisse du prix du permis de conduire, alors qu’une mission parlementaire pour un meilleur accès à cet examen a été annoncée à l’Assemblée nationale.

Après avoir libéralisé le secteur dans le cadre de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques lorsqu’il était ministre de l’Économie, le président de la République entend ainsi s’attaquer de nouveau à un secteur d’activité souvent pointé du doigt pour les prix pratiqués et les disparités de ceux-ci suivant les régions.

Pour mémoire, en 2016, l’UFC-Que choisir avait mené une enquête sur le sujet, emboîtant le pas à la CLCV qui relevait que le forfait de 20 heures de conduite pouvait varier du simple au double suivant si l’on passait son permis à Lille ou à Paris.

La volonté affichée par Emmanuel MACRON de consacrer le passage du Code de la route dans le cadre du parcours scolaire relevant de l’Éducation nationale témoigne d’un souhait d’appréhender le fameux papier rose comme un « véritable passeport pour l’emploi », conscient que son coût conduit à un renforcement des inégalités d’accès à celui-ci.

Toutefois, outre l’idée de renforcer le pouvoir d’achat des Français et notamment des futurs usagers en pleine polémique sur la hausse du carburant, il s’agit aussi et surtout d’affirmer une nouvelle approche en termes de sécurité routière. Désormais, celle-ci relèverait d’un continuum éducatif dispensé par l’Etat au risque de vider de son sens la mission première des auto-écoles qui est celle de former les jeunes à la sécurité routière.

Il n’est donc pas étonnant que la déclaration d’Emmanuel MACRON ait été interprétée comme une « déclaration de guerre » de la part du secteur représenté par le CNPA Education-routière, l’Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec) et l’Union nationale des indépendants de la conduite (Unic), et ce, alors que des propositions alternatives ont d’ores et déjà été formulées par les principaux concernées. La baisse de la TVA ou encore la mise en place de cours collectifs, sont en effet autant de mesures avancées par ces derniers, à rebours de l’idée de demander à des professeurs qui n’ont pas la compétence et les connaissances, d’enseigner le code à leurs élèves, ou à des professionnels d’aller enseigner dans les établissements. Sans oublier que l’activité des auto-écoles est, comme beaucoup d’autres, une activité concurrencée par des start-ups comme Ornikar ou En voiture Simone qui ont pour ambition de disrupter ce marché et surtout de casser les prix. Un challenge pas simple si l’en croit la double liquidation judiciaire qu’a connue la société lyonnaise PermiGo précurseure sur ce marché…

Point de vue CALIF… François Hollande, un «retour» bien orchestré (20 minutes)

Le retour en politique de François Hollande ?

Il est de retour. Après une pause médiatique, François Hollande a décidé de faire sa rentrée par étape. Une déclaration sur la réforme du Code du travail par-ci, une interview télévisée pour dire qu’il ne se retire pas de la vie politique par-là. Sans oublier la parution d’un livre (c’est aussi la rentrée littéraire) la semaine prochaine, qui dévoilera les confidences de l’ancien président sur… Emmanuel Macron.

Le « plan com’ » est donc lancé, et comme toujours, le timing n’est pas anodin. « François Hollande voit très bien que la presse parle de la France qui redémarre, de la confiance qui revient, explique François Massardier, professeur de communication politique à Sciences-Po Toulouse et fondateur d’une société de conseil. S’il laisse s’installer l’impression que tout cela est dû à Emmanuel Macron, il disparaîtra rapidement des radars. »

Retrouver l’article de 20 minutes en entier : François Hollande, un «retour» bien orchestré… Et qui pourrait durer

Un règlement européens pour encradrer les services liés à l’émergence des drones ?

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A chaque nouvelle avancée technologique, la question de la réglementation est toujours évoquée comme un accélérateur ou, au contraire, un frein. Le drone en est un bon exemple : alors qu’on l’annonçait comme une révolution majeure il y a quelques années, il n’a pas encore rencontré le succès escompté. Probablement parce qu’il n’a pas encore été accompagné par un encadrement juridique qui lui permettrait de se développer pleinement. La Commission Européenne, par la voix de sa commissaire aux Transports, Violetta BULC, a annoncé qu’elle comptait y remédier, en programmant un règlement européen pour 2019.

Le drone est déjà utilisé dans de nombreux secteurs d’activité, comme la sécurité ou l’agriculture, où il permet de surveiller des zones délimitées ou d’effectuer des mesures, d’aider à la décision. Mais il n’a pas encore trouvé son public dans d’autres domaines : certains services sont « bloqués » du fait des interdictions qui existent actuellement. En témoigne l’usage de « drone de livraison », où un engin volant livrerait des petits colis commandés précédemment sur Internet. Amazon a, le premier, souhaité investir ce créneau, mais ses ambitions ont été douchées par la lenteur du régulateur américain à autoriser de telles pratiques.

En France, qui compte de nombreuses start-ups liées à ce secteur innovant et émergent, on est davantage confiant, notamment du fait de la bonne volonté manifestée par les pouvoirs publics (on pense à la région Nouvelle-Aquitaine, pionnière en la matière, qui a su développer déjà un réel écosystème). Les drones civils, qui sont la spécialité française, pourraient connaître un essor rapide. Grâce au nouveau règlement européen, prévu pour 2019, après discussion des règles entre la Commission et les Etats membres, mais aussi avec la publication intermédiaire de « principes de base », visant à assurer le développement de services tout en garantissant la sécurité des personnes. Ainsi, on connaît déjà la forme que pourrait prendre ce futur règlement : une sécurité similaire à celle assurée par l’aviation avec pilote, avec des zones interdites de survol (« geofencing »), une immatriculation des engins, une possibilité de géolocalisation et des capacités techniques leur permettant de contourner un obstacle ou d’éviter une collision.

Nul doute que ce volontarisme de la part du législateur européen satisfera les industriels français, comme européens, qui pourront alors augmenter leur production et inventer de nouveaux usages.