Posts in Non classé

Elections municipales 2020 : analyse de la situation à Tours et Orléans

Après s’être penché sur la situation politique et les enjeux économiques des deux capitales des bords de la Garonne, Toulouse et Bordeaux, CALIF s’attarde cette fois-ci sur les enjeux de Tours et Orléans, deux villes situées sur les bords de la Loire.

Si les deux villes partagent une histoire commune et ne sont distantes que d’une centaine de kilomètres, leurs réalités économiques et politiques sont pourtant bien différentes.

Souffrant d’une dette conséquente, Tours est la lanterne rouge du classement établi par la Fondation iFrap publié au mois de janvier dernier. Une situation que ne connaît pas Orléans où la majorité sortante n’a pas augmenté les impôts locaux, conformément à ses précédentes promesses de campagne.

Par ailleurs, si la résorption de la dette fait évidemment partie des priorités avancées par le maire sortant Christophe Bouchet et ses concurrents, les candidats à la mairie de Tours mettent également l’accent sur l’élaboration d’un plan stratégique de développement économique respectueux de l’environnement, visant à conduire des actions responsables dans les domaines du tourisme, du commerce et de l’industrie. A Orléans, l’accent est davantage mis sur la santé, la lutte contre la pollution ou encore la sécurité.

En termes politique, si LREM fait davantage office d’arbitre à Tours entre le maire sortant soutenu par l’UDI et LR et le candidat écologiste Emmanuel Denis, le parti présidentiel, qui soutient le maire sortant Olivier Carré, peut espérer l’emporter à Orléans, même si ce dernier est actuellement en ballottage défavorable face à son prédécesseur et ancien édile Serge Grouard (LR).

 

Fiche synthétique Tours

Fiche synthétique Orléans

Elections municipales 2020 : analyse de la situation à Bordeaux et Toulouse

 

Suite de notre série consacrée aux enjeux des élections municipales avec aujourd’hui un focus sur les deux métropoles françaises situées sur les bords de la Garonne : Bordeaux et Toulouse.

S’il existe une rivalité historique entre les deux villes qui remontent au Moyen-Âge, force est de constater cependant que les ressemblances entre les deux capitales du sud-ouest sont nombreuses. A l’aune des élections municipales, Bordeaux et Toulouse présentent comme paradoxe commun le fait de voir la gauche arriver en tête lors des échéances électorales nationales sans pour autant que celle-ci ne parvienne à ravir la mairie.

Toutes deux haut lieu de contestation dans le cadre de la crise des « Gilets jaunes », Bordeaux et Toulouse connaissent des enjeux similaires en termes d’irrigation économique des territoires voisins et de mobilités. Les phénomènes de gentifrication des centres-villes et de hausse de la fiscalité locale seront au cœur des programmes des candidats, notamment en ce qui concerne le volet logement.

Néanmoins, si à Toulouse Jean-Luc Moudenc peut compter sur le soutien de LREM au premier tour pour caracoler en tête dans les sondages, loin devant son principal rival portant les couleurs d’EELV, ce n’est pas le cas de Nicolas Florian, aujourd’hui au coude à coude avec l’écologiste Pierre Hurmic.

 

Fiche synthétique Bordeaux 

Fiche synthétique Toulouse 

 

Des versions longues (15 pages) de ces fiches existent mais sont réservées aux clients et partenaires de CALIF.

Elections municipales 2020 : analyse de la situation à Toulon et Marseille

Pour notre première série consacrée aux élections municipales de mars prochain, CALIF s’est penché sur les cas toulonnais et marseillais.

 

A Toulon, en dépit de scores importants lors des élections européennes, ni le Rassemblement national, ni La République En Marche, pourtant arrivés en tête en mai 2019, ne semblent en mesure de l’emporter face aux Républicains.

Disposant d’une très belle côte de popularité auprès de ses administrés, Hubert Falco pourrait même l’emporter dès le premier tour.

 

Un situation qui est loin d’être similaire à Marseille où Jean-Claude Gaudin ne briguera pas un nouveau mandat. Dans un contexte marqué par une augmentation du trafic de stupéfiant et par la vétusté des logements comme l’ont tragiquement rappelé les effondrements des immeubles rue d’Aubagne en novembre 2018, les élections municipales à Marseille vont être le théâtre d’un affrontement entre Les Républicains et le Rassemblement national, au coude à coude aujourd’hui au premier tour.
À gauche, l’issue de la compétition reste incertaine. Le Parti socialiste, le Parti communiste et la France insoumise réunis sous les couleurs du Printemps marseillais récoltant 16% des intentions de vote.

Pourtant présenté comme le parti des Métropoles, La République en Marche est aujourd’hui loin derrière, ne récolant que 8% des intentions de vote.

 

Fiche synthétique Toulon 

Fiche synthétique Marseille 

Des versions longues (15 pages) de ces fiches existent mais sont réservées aux clients et partenaires de CALIF.

Après le Salon des Maires, une réflexion à mener sur la relation territoires-entreprises

L’édition 2019 du Salon des Maires et des Collectivités Locales (SMCL) auquel a participé CALIF comme chaque année, vient de fermer ses portes après 3 jours d’exposition marqués par de nombreux débats et échanges.

Reconnu depuis sa création dans l’accompagnement des entreprises sur des problématiques de lobbying au niveau local, CALIF était présent pour accompagner ses clients sur cet évènement majeur en faveur de l’attractivité des territoires.

Les territoires, un levier de compétitivité et de différenciation pour les entreprises

Fort d’un réel potentiel en termes d’innovation, de développement et de richesses, les territoires contribuent au rayonnement économique de la France. Il s’agit d’ailleurs ici de mettre en lumière la relation gagnant-gagnant qu’ils entretiennent, notamment ceux en lien avec leurs métropoles. Grâce à l’aménagement du territoire, conduit conjointement par l’Etat, les collectivités, et les entreprises, mais aussi aux dispositifs de péréquation, les métropoles participent en effet au développement économique des territoires tout en profitant de la qualité de vie qu’ils offrent aux actifs.

Un département comme le Tarn-et-Garonne, sous l’influence de l’écosystème aéronautique de Toulouse, a ainsi vu sa population croitre de 25% (+ 50 000 habitants) en l’espace de 20 ans grâce notamment à la présence sur son territoire de sociétés spécialisées dans la fixation aéronautique ou les systèmes de gestion d’air frais. Longtemps minoré en raison de facteurs historiques, politiques et culturels, le rôle des territoires et donc des collectivités dans la réussite des entreprises est une réalité trop souvent occulté ces derniers mois par la crise des « Gilets jaunes ».

A ce titre, un évènement comme le SMCL permet de rendre compte que les territoires ne sont plus simplement le cadre neutre de l’action des entreprises. Ils représentent de véritables facteurs de compétitivité et de différenciation dont il convient d’encourager les leviers d’action. Les emplois générés localement par ce dynamisme territorial orientent les infrastructures, renforcent l’attractivité et bénéficient à tout l’écosystème local. Le déploiement du numérique est à cet égard un fort enjeu pour toutes les collectivités qui peuvent y développer des usages innovants et renforcer ainsi leur attractivité économique et démographique. Les opérateurs d’infrastructures comme TDF jouent ici un rôle conséquent, notamment dans le cadre de programme comme « Action cœur de ville », où leur expertise en termes de wifi territorial et de déploiement de la fibre est un élément structurant.

Un nouvel acte de décentralisation qui interroge les leviers d’influence locaux

Alors que le projet de loi « Engagement et proximité » est actuellement en discussion au Parlement et que sera présenté au printemps 2020 en Conseil des ministres le projet de loi « Décentralisation, différenciation, déconcentration », il apparaît donc nécessaire d’appréhender les territoires sous le prisme des apports structurants à destination des entreprises. Autrefois cantonnés au simple cadre géographique, ils apparaissent davantage aujourd’hui comme un levier de croissance et de différenciation pour leurs entreprises.

La crise des « Gilets jaunes » et l’annonce d’un nouvel acte de décentralisation comme axe majeur de la seconde partie du quinquennat, interrogent la façon dont les entreprises doivent appréhender les dynamiques territoriales. Surtout, ils changent le rapport à mener en termes d’influence locale au niveau des différents écosystèmes, notamment politiques.

Trop souvent présentés comme délaissés par les pouvoirs publics en opposition aux métropoles, considérées comme les grands vainqueurs de la mondialisation, les territoires et autres collectivités moyennement ou peu denses sont appelés à devenir dans les années à venir les nouveaux leviers incontournables du développement économique en France.

Les territoires, facteurs clés de l’attractivité de la France auprès des investisseurs internationaux


La France continue d’attirer les investisseurs étrangers et est même de plus en plus attractive. En dépit de la crise sociale des « Gilets jaunes », l’hexagone entre en effet pour la première fois dans le Top 5 des pays les plus attractifs du monde selon le classement établi par le cabinet de conseil américain A.T Kearney.

Une bonne nouvelle quand on sait que le mouvement de contestation a conduit à une baisse de l’activité économique sur tout le territoire, et particulièrement dans les grandes villes de province. A Rouen, la CCI métropolitaine s’alarmait début janvier d’une perte de chiffre d’affaires des TPE/PME comprise entre 30 et 50 % tandis que dans le même temps, l’Insee affirmait que la baisse de quasiment 5 % des nuitées en Île-deFrance était « probablement en lien avec le mouvement social des Gilets jaunes ».

Pourtant, selon le cabinet de conseil américain, la confiance dans l’économie française n’a pas été affectée par le mouvement et la France reste compétitive parmi les économies développées. Une aubaine quand on sait qu’en 2015, les entreprises étrangères, qui ne représentaient que 1% de l’ensemble des entreprises françaises, contribuaient à hauteur de 21% du chiffre d’affaires réalisé par l’ensemble de l’économie française et à 30% du chiffre d’affaires à l’exportation.

Les territoires, notamment constitués autour de métropoles, apparaissent comme les grands vainqueurs de ces investissements.  En Auvergne Rhône-Alpes, on compte aujourd’hui plus de 4 400 entreprises à capitaux étrangers dont plus de 30% (+ 1000 entreprises) sont situées au sein de la métropole lyonnaise. Sur la Côte d’Azur, l’année 2018 a été marquée par l’implantation de près de 2 100 entreprises et 36 000 emplois induits, y compris dans l’arrière-pays niçois. Le développement d’infrastructures idoines comme l’aéroport international de Nice et le dynamisme de cluster comme celui de Sophia-Antipolis, sont autant de marqueurs de la vitalité d’un territoire dont l’offre en termes de mobilités et de déploiement du numérique se fait de conserve avec l’hinterland niçois, dans une logique d’équilibrage de l’économie métropolitaine.

Alors qu’en 2018, le partenariat entre Business France et les agences régionales de développement (ARD) s’est traduit par la diffusion aux Régions françaises de 1 800 projets d’investissements, la signature de la charte des investissements directs étrangers au mois de janvier entre notamment Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances et les Régions de France, représentée entres autre par Valérie Pécresse (Île-de-France) et Renaud Muselier (Sud Provence Alpes Côte-d’Azur) doit renforcer le mouvement.

Désormais cinquième pays en termes d’attractivité économique, la France est aujourd’hui armée pour valoriser ses territoires à l’international, faciliter l’implantation d’entreprises étrangères et le financement de ses startups, PME et ETI et conduire à l’internationalisation de ses écosystèmes locaux.
La présence renforcée de la French Tech et des régions parmi lesquelles la région Centre-Val de Loire, Auvergne Rhône-Alpes, l’Île-de-France, la Normandie, la Nouvelle Aquitaine et la région Sud lors de la dernière édition VivaTech, et ce, dans une logique de lobbying territorial, témoigne de la prise en compte par les territoires de la nécessité de valoriser leur écosystème numérique et la façon dont ils appréhendent leur transformation dans une démarche d’influence auprès des investisseurs internationaux.

 

Janvier 2017 : le regard de CALIF sur l’actualité

 Les mots d'Auvergne vus depuis l'espace

Thomas Pesquet met la tête de la France dans les étoiles

Donal Trump, qui est devenu le 20 janvier dernier le 45ème président des Etats-Unis, s’est démarqué par son utilisation de Twitter, tantôt qualifiée de compulsionnelle ou d’outrancière, tantôt comme relevant du génie de communication. En 140 caractères et quelques hashtags, le milliardaire américain est en effet parvenu à contourner les médias traditionnels en touchant directement sa cible, des millions de personnes qui s’empressaient de lire, commenter et partager chacune de ses prises de position digitales. Le magnat de l’immobilier a-t-il réinvité la communication politique et partant, l’utilisation des réseaux sociaux ? Pas sûr tant les propos et le style de Donald Trump ont pu être grossiers et provocateurs.

Heureusement, un Français a montré qu’on pouvait faire une meilleure utilisation de Twitter ! Dans un tout autre registre, Thomas Pesquet, l’astronaute français, envoie régulièrement ses clichés pris depuis l’espace où il officie, au sein de la station spatiale internationale (depuis la fin novembre). Et il nous régale, nous fait rêver avec des vues impressionnantes sur les villes et reliefs de la Terre entière, et notamment de nos régions, qu’il met bien en valeur via des hashtags et des interpellations efficaces (on pense au clin d’œil à son collège de Normandie, mais aussi aux monts d’Auvergne, aux montagnes des Alpes…). La preuve, s’il en est, que l’on peut faire de Twitter un bon outil de communication, et faire rêver 300 000 personnes (le nombre de ses followers) en leur faisant vivre des expériences par procuration ! A l’ère des drones, on devrait d’ailleurs s’habituer à voir le monde d’en haut !

flow plumelabs

La Greentech démarre bien en 2017 !

Il y a un peu plus d’un an, le gouvernement lançait en grande pompe un incubateur de startups de la Greentech au sein du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer. Celui-ci prévoyait le financement et l’accompagnement de 50 startups favorisant la transition écologique, dans des domaines comme la réduction des consommations énergétiques domestiques, l’utilisation des données de transport en temps réel, le recyclage des composants d’un produit etc. Presqu’un an après, et alors que s’ouvre une nouvelle année, quelles sont les startups françaises les plus avancées en la matière ? Le mois de janvier nous offre une première réponse, avec 3 startups démarrant sur les chapeaux de roue !

Plume Labs, qui avait été lancée en 2016 à Londres par un ingénieur polytechnicien, Romain Lacombe, a dévoilé au CES de Las Vegas du début du mois son nouveau produit, Flow, qui permet à chaque utilisateur de mesurer le taux de pollution de son environnement. L’année dernière, Plume Labs s’était faite remarquée par son initiative, originale, de mettre à contribution les pigeons de la ville de Londres pour mesurer le taux de pollution (particules fines, dioxyde d’azote, composés organiques volatils…) en accrochant à leurs pattes de petits capteurs. Ce nouveau produit devrait donc conforter son positionnement et à terme, la startup ambitionne de développer un réseau mondial d’utilisateurs afin d’avoir une visibilité sur le taux de pollution des plus grandes villes du monde, sur le modèle de Waze (dans le secteur des transports).

Dans un autre domaine Izigloo prévoit de devenir le carnet de suivi et d’entretien incontournable du logement, en fédérant les foyers et les professionnels du bâtiment. Financée par la MGEN et par BPI France à hauteur de plusieurs millions d’euros, la startup nantaise est composée d’une cinquantaine d’experts informatiques et du bâtiment et regroupe près de 800 données techniques complémentaires sur les habitations (ensoleillement, épaisseur des murs, année de construction…). Grâce au savoir-faire privé et à la collaboration du public (les données sont tirées des plateformes publiques d’open data, permises par les dernières avancées législatives en la matière) on voit donc qu’une solution efficace (et rentable !) allant dans le sens de la transition énergétique est capable d’émerger en France. La société devrait nouer des partenariats dans les mois à venir.

Enfin, davantage peut-être dans le domaine agricole qu’environnemental (mais tout de même), Sencrop, une autre startup française, vient ce mois-ci d’asseoir son positionnement de station de collecte de données pour les agriculteurs en levant-ci 1,4 millions d’euros auprès de deux fonds d’investissements : Breega et Emertec. Grâce à de nombreux capteurs (mesurant l’hydrométrie, la force du vent, le taux d’acidité du sol, etc.), elle alimente des outils d’aide à la décision (OAD) pour permettre aux exploitants d’adapter leurs plans de semis, d’irrigation ou de traitement. En somme, de se diriger vers une agriculture de précision moins consommatrice en intrants et en énergie. Et cette startup agricole et environnementale milite pour la collaboration des professionnels plutôt que la compétition, puisqu’elle leur propose de partager leurs données et non de les stocker, ce qui permettrait de mutualiser les coûts d’investissement et donc d’outrepasser les problèmes d’investissements pour les petites exploitations.

Les voeux d'Arnaud Montebourg sur Twitter

Les vœux politiques, une tradition qui se confirme en 2017 !

Le mois de janvier est l’occasion pour les hommes politiques de tous bords d’adresser leurs vœux à leurs administrés ou aux citoyens en général. Ils sont un moment privilégié pour faire le bilan de l’année passée et annoncer les grandes mesures, et les grands projets à venir. Ils sont aussi l’occasion de faire des promesses, et de glisser des messages subliminaux dans un discours qui est souvent très politisé (a fortiori en 2017, année d’élections par excellence). Mais sont-ils encore efficaces ? Peut-on se passer aujourd’hui de cérémonies de vœux ou est-ce un passage obligé ?

Cette année encore, les maires, les députés, les présidents de région et les candidats à l’élection présidentielle s’y sont adonnés. Via Twitter (misant sur la sobriété avec un simple message pour Emmanuel Macron, ou l’originalité pour un selfie-vidéo pour Arnaud Montebourg), via une cérémonie en salle des fêtes ou en hôtel de région (avec une volonté marquée de valoriser l’Auvergne dans la nouvelle grande région à Clermont-Ferrand, par Laurent Wauquiez par exemple), via une apparition debout derrière un pupitre pour le président de la République ou encore via une simple carte de vœux, qui permet souvent de mettre en valeur un service communication ou une agence proche. Différents styles se sont exprimés : ceux balançant entre le traditionnel et l’innovation, ceux misant sur le sérieux et les autres sur le compassionnel (en faisant référence aux personnels hospitaliers comme Benoît Hamon, aux personnels de police comme Manuel Valls…), l’humour (avec un montage vidéo de Nathalie Kosciusko-Morizet) ou le discours de politique générale (pour Vincent Peillon par exemple).

Attention toutefois à ne pas verser dans un exercice de communication politique trop informel : nous nous rappelons par exemple de Hervé Morin adressant ses vœux aux Français depuis sa cuisine (une pièce chère à ses yeux selon ses propos), la moquerie ayant clairement réduit l’impact du message (qui se souvient de ce qu’il souhaitait nous dire ?) ou un président de la République auprès du feu avec sa femme (en la personne de Valérie Giscard d’Estaing). Une chose est sûre, les vœux restent un bon moyen de communiquer, et de faire passer des messages pour tous les hommes politiques.

Octobre 2016 : le regard de CALIF sur l’actualité

la santé connectée en octobre 2016

La santé connectée est-elle encore un secteur d’avenir ?

Le licenciement de 40% de ses effectifs par l’ex-pépite de la Silicon Valley Théranos et l’annonce des pertes importantes de Visiomed, à hauteur de 5,7 millions d’euros, laissent planer un doute sur les promesses de cette filière, fruit du mariage du numérique et de la santé.

Théranos, la start-up spécialisée dans l’analyse de test sanguins à des coûts beaucoup plus bas et une rapidité sans égal, a déçu l’ensemble de l’écosytème de Palo Alto début octobre en annonçant le licenciement de plus de 350 personnes, soit 40% de son effectif, et la fermeture de tous ses laboratoires et centres de prélèvements. Une étude du Wall Street Journal ainsi que plusieurs investigations officielles avaient montré que ses procédés ne respectaient pas certaines règles et qu’ils pouvaient même mettre en danger la vie des patients. Visiomed, de son côté, justifie les pertes importantes de l’exercice du premier semestre 2016 par un investissement important en matériel, en vue de son entrée sur le marché américain à la suite de la signature d’un partenariat avec le groupe américain Henry Schein Medpod.

Pourtant, d’autres exemples tendent à montrer que le secteur des medtech reste, malgré tout, assez dynamique ! La tenue, par exemple, du Big Bang de la santé connectée le jeudi 27 octobre à la Maison de la Chimie, organisé par Le Figaro (et dont l’organisatrice en chef Aziliz de Veyrinas, vient de rejoindre Viva Technology). Mais aussi l’augmentation fulgurante du nombre de membres de l’association française France eHealth Tech qui rassemble les entreprises de la filière. En quelques mois, elle est passée d’à peine plus de 20 membres à plus de 125 (voir sur le site Internet). Cela semble témoigner d’un dynamisme des entreprises de la e-santé, comme Diabeloop (et son pancréas artificiel) ou Kyomed, Connectedoctors et Umanlife.

Les medtech peuvent-elles alors tenir leurs promesses ? Une étude d’Ipsos pour Meddapcare et Ag2r La Mondiale, publiée le jeudi 20 octobre, montrait que 43% des Français utilisaient une application de santé, ce qui constituait une augmentation importante. Si le seul segment des applications numériques n’est pas représentatif de l’ensemble des medtech, il peut constituer un indicateur pour l’évolution du reste du secteur. On recense aujourd’hui plus de 160 000 applications de santé, comme le député Jean-Louis Gagnaire le faisait remarquer lors de notre Forum Parlementaire de la Santé Connectée en mars dernier. Reste à savoir quelles applications seront utilisées, et lesquelles constituent une réelle avancée, pour le patient, le médecin ou pour la science…

la loi Sapin sur le lobbying

Réforme du lobbying : la loi Sapin 2 ne loge pas tout le monde à la même enseigne !

L’adoption prochaine de la loi Sapin 2 a démontré que le lobbying était un processus finalement encore mal assumé en France. En substance, les cabinets de conseil, les entreprises et, dans une moindre mesure, les fédérations professionnelles sont bien des lobbys, soumis à des règles que, d’ailleurs, ils ne contestent pas (dans leur grande majorité). En revanche, les associations d’élus, le secteur public, les associations n’en sont pas.

Pour ceux qui ont vécu les débats autour de la Loi de Transition énergétique, avec ses centaines d’amendements – souvent tout à fait légitimes et utiles pour faire avancer les débats – déposés par les ONG et les associations environnementales, il est bien surprenant de constater que ce ne sont donc pas des lobbies en France. Idem pour les syndicats de salariés qui ont allègrement amendé la loi Travail en encore les associations d’élus autour de la loi NOTRe. Si le département a encore de beaux jours devant lui malgré les annonces de suppression de cet échelon administratif par le Premier ministre dans son discours de politique générale en avril 2014, n’est-ce pas la marque du lobbying (réussi) de l’Association des Départements de France ?

Alors que l’on pointe souvent Bruxelles du doigt pour son opacité, reconnaissons encore une fois que le Parlement européen est plus ouvert : tout le monde fait partie du registre de transparence des institutions européennes : cabinets, entreprises, fédérations, associations, ONG, collectivités locales… En France, même si l’on progresse, il y a donc encore du chemin à faire…

le nouveau livre sur le Président de la République

La rentrée littéraire…du président de la République !

Alors que la saison des prix littéraires vient de se terminer, une catégorie supplémentaire aurait pu faire son apparition en cette rentrée 2016 : celle du meilleur livre de confession du président de la République !

Nombreuses ont été les révélations et les ouvrages ouvrant les salons de l’Elysée avec, en guest star, le président lui-même nous comptant l’histoire du quinquennat. Quelle était la stratégie de François Hollande ? Au départ certainement, la volonté d’écrire lui-même l’histoire. En effet, notre président sait très bien qu’avec son entrée à l’Elysée, il s’assure quelques quarts d’heure de célébrités dans les salles de classe pour de longues années. En effet, quel professeur d’histoire pourrait faire l’impasse sur le 7ème président de notre Vème République, à l’heure d’étudier notre système politique actuel ? Même à la fin du XXIème siècle, nos écoliers auront sur leurs tablettes numériques un passage obligé sur le quinquennat 2012-2017. Ne serait-ce aussi que pour les tragiques moments que nous avons vécus pendant ces années.

François Hollande a donc certainement eu comme volonté d’écrire lui-même l’histoire de son quinquennat. Mais, face à une conjoncture politique qui se dégradait, ces confidences apparurent peut-être comme bien utiles pour justifier les difficultés rencontrées depuis près de 5 ans car publiées suffisamment tôt avant les présidentielles pour qu’on ne regarde plus derrière mais bien devant au moment de la campagne en mars / avril 2017. Car qui peut penser que Conversations privées avec le Président (Antonin André et Karim Rissouli, Albin Michel) et Un président ne devrait pas dire ça… (Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Stock) étaient prévus dans nos bacs pour cet automne ?

In fine, il s’agirait donc d’un énième couac de communication, à rapprocher des nombreux autres qui rythment la vie de l’Elysée depuis mai 2012, comme le décrivent Joël Amar et Ziad Gebran dans un autre livre remarqué en cette rentrée : Moi, président des couacs (Editions Kawa) ?

Espérons que cette frénésie de publication autour de François Hollande profite au moins à nos éditeurs et à nos libraires !