la santé connectée en octobre 2016

La santé connectée est-elle encore un secteur d’avenir ?

Le licenciement de 40% de ses effectifs par l’ex-pépite de la Silicon Valley Théranos et l’annonce des pertes importantes de Visiomed, à hauteur de 5,7 millions d’euros, laissent planer un doute sur les promesses de cette filière, fruit du mariage du numérique et de la santé.

Théranos, la start-up spécialisée dans l’analyse de test sanguins à des coûts beaucoup plus bas et une rapidité sans égal, a déçu l’ensemble de l’écosytème de Palo Alto début octobre en annonçant le licenciement de plus de 350 personnes, soit 40% de son effectif, et la fermeture de tous ses laboratoires et centres de prélèvements. Une étude du Wall Street Journal ainsi que plusieurs investigations officielles avaient montré que ses procédés ne respectaient pas certaines règles et qu’ils pouvaient même mettre en danger la vie des patients. Visiomed, de son côté, justifie les pertes importantes de l’exercice du premier semestre 2016 par un investissement important en matériel, en vue de son entrée sur le marché américain à la suite de la signature d’un partenariat avec le groupe américain Henry Schein Medpod.

Pourtant, d’autres exemples tendent à montrer que le secteur des medtech reste, malgré tout, assez dynamique ! La tenue, par exemple, du Big Bang de la santé connectée le jeudi 27 octobre à la Maison de la Chimie, organisé par Le Figaro (et dont l’organisatrice en chef Aziliz de Veyrinas, vient de rejoindre Viva Technology). Mais aussi l’augmentation fulgurante du nombre de membres de l’association française France eHealth Tech qui rassemble les entreprises de la filière. En quelques mois, elle est passée d’à peine plus de 20 membres à plus de 125 (voir sur le site Internet). Cela semble témoigner d’un dynamisme des entreprises de la e-santé, comme Diabeloop (et son pancréas artificiel) ou Kyomed, Connectedoctors et Umanlife.

Les medtech peuvent-elles alors tenir leurs promesses ? Une étude d’Ipsos pour Meddapcare et Ag2r La Mondiale, publiée le jeudi 20 octobre, montrait que 43% des Français utilisaient une application de santé, ce qui constituait une augmentation importante. Si le seul segment des applications numériques n’est pas représentatif de l’ensemble des medtech, il peut constituer un indicateur pour l’évolution du reste du secteur. On recense aujourd’hui plus de 160 000 applications de santé, comme le député Jean-Louis Gagnaire le faisait remarquer lors de notre Forum Parlementaire de la Santé Connectée en mars dernier. Reste à savoir quelles applications seront utilisées, et lesquelles constituent une réelle avancée, pour le patient, le médecin ou pour la science…

la loi Sapin sur le lobbying

Réforme du lobbying : la loi Sapin 2 ne loge pas tout le monde à la même enseigne !

L’adoption prochaine de la loi Sapin 2 a démontré que le lobbying était un processus finalement encore mal assumé en France. En substance, les cabinets de conseil, les entreprises et, dans une moindre mesure, les fédérations professionnelles sont bien des lobbys, soumis à des règles que, d’ailleurs, ils ne contestent pas (dans leur grande majorité). En revanche, les associations d’élus, le secteur public, les associations n’en sont pas.

Pour ceux qui ont vécu les débats autour de la Loi de Transition énergétique, avec ses centaines d’amendements – souvent tout à fait légitimes et utiles pour faire avancer les débats – déposés par les ONG et les associations environnementales, il est bien surprenant de constater que ce ne sont donc pas des lobbies en France. Idem pour les syndicats de salariés qui ont allègrement amendé la loi Travail en encore les associations d’élus autour de la loi NOTRe. Si le département a encore de beaux jours devant lui malgré les annonces de suppression de cet échelon administratif par le Premier ministre dans son discours de politique générale en avril 2014, n’est-ce pas la marque du lobbying (réussi) de l’Association des Départements de France ?

Alors que l’on pointe souvent Bruxelles du doigt pour son opacité, reconnaissons encore une fois que le Parlement européen est plus ouvert : tout le monde fait partie du registre de transparence des institutions européennes : cabinets, entreprises, fédérations, associations, ONG, collectivités locales… En France, même si l’on progresse, il y a donc encore du chemin à faire…

le nouveau livre sur le Président de la République

La rentrée littéraire…du président de la République !

Alors que la saison des prix littéraires vient de se terminer, une catégorie supplémentaire aurait pu faire son apparition en cette rentrée 2016 : celle du meilleur livre de confession du président de la République !

Nombreuses ont été les révélations et les ouvrages ouvrant les salons de l’Elysée avec, en guest star, le président lui-même nous comptant l’histoire du quinquennat. Quelle était la stratégie de François Hollande ? Au départ certainement, la volonté d’écrire lui-même l’histoire. En effet, notre président sait très bien qu’avec son entrée à l’Elysée, il s’assure quelques quarts d’heure de célébrités dans les salles de classe pour de longues années. En effet, quel professeur d’histoire pourrait faire l’impasse sur le 7ème président de notre Vème République, à l’heure d’étudier notre système politique actuel ? Même à la fin du XXIème siècle, nos écoliers auront sur leurs tablettes numériques un passage obligé sur le quinquennat 2012-2017. Ne serait-ce aussi que pour les tragiques moments que nous avons vécus pendant ces années.

François Hollande a donc certainement eu comme volonté d’écrire lui-même l’histoire de son quinquennat. Mais, face à une conjoncture politique qui se dégradait, ces confidences apparurent peut-être comme bien utiles pour justifier les difficultés rencontrées depuis près de 5 ans car publiées suffisamment tôt avant les présidentielles pour qu’on ne regarde plus derrière mais bien devant au moment de la campagne en mars / avril 2017. Car qui peut penser que Conversations privées avec le Président (Antonin André et Karim Rissouli, Albin Michel) et Un président ne devrait pas dire ça… (Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Stock) étaient prévus dans nos bacs pour cet automne ?

In fine, il s’agirait donc d’un énième couac de communication, à rapprocher des nombreux autres qui rythment la vie de l’Elysée depuis mai 2012, comme le décrivent Joël Amar et Ziad Gebran dans un autre livre remarqué en cette rentrée : Moi, président des couacs (Editions Kawa) ?

Espérons que cette frénésie de publication autour de François Hollande profite au moins à nos éditeurs et à nos libraires !

 

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