L'actualité

#Compol : que retenir de la campagne présidentielle 2017 ?

Communication politique : que retenir de la campagne présidentielle 2017 ?

Une campagne présidentielle est un toujours un moment passionnant pour observer de nouvelles techniques de communication politique. Cette campagne 2017 n’a pourtant pas réellement introduit de vraies nouveautés, si ce n’est le désormais fameux hologramme de Jean-Luc MELENCHON ou encore son jeu vidéo. En effet, les valeurs sûres de la campagne étaient essentiellement des redites de 2012 pour ce qui est de la communication politique : meetings en plein air, forte activité digitale… Là aussi, reconnaissons que Jean-Luc Mélenchon avait un temps d’avance puisqu’il était à l’origine de ces innovations en 2012. Mais une bonne communication ne fait toutefois pas une élection et l’avènement du tout digital n’est pas encore gage de victoire puisque Jean-Luc Mélenchon n’a pas été élu.

Durant la campagne, la communication d’Emmanuel Macron n’a peut-être pas été très innovante mais elle a été efficace, en se basant sur des outils simples mais fondamentaux : le porte-à-porte, avec son rassemblement de marcheurs ou encore la forte présence militante sur les marchés, ce qui montrait une vraie dynamique de terrain au sein de l’électorat. On peut donc retenir de 2017 qu’un travail du terrain par les militants (ou helpers en langage macronien) est peut-être encore plus utile qu’une bonne campagne digitale.

Il en va différemment de l’après-campagne. En 2012, de très nombreux quick-books avaient été publiés dans la semaine suivant le second tour, soit un moyen de revivre rapidement, côté coulisses, la victoire de François Hollande ou la défaite de Nicolas Sarkozy. Les éditeurs avaient innové en sortant des livres très rapidement. L’histoire s’écrivait donc encore sur papier. Pour l’après-campagne 2017, c’est la télévision qui a repris le dessus puisque les quick-books prévus cette année ont bien du mal à se faire une place après la diffusion du documentaire événement « Les coulisses d’une victoire » de Yann L’Henoret – produit par le reconnu et estimé Pierre-Antoine Capton (3ème Œil production) – et diffusé par TF1 dès le lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron. L’intérêt du documentaire résidait aussi dans la capacité à présenter – en images – un président élu que les Français connaissaient finalement assez peu (ce qui n’était pas le cas de François Hollande ou Nicolas Sarkozy en 2012), tout comme ils pouvaient aussi apprécier les personnages jouant les seconds rôles, à savoir le staff rapproché d’Emmanuel MACRON ! Au final, que ce soit via les primaires de droite et gauche puis via l’élection présidentielle (où le débat de l’entre-deux-tours a également été un marqueur), la télévision n’aura pas dit son dernier mot en 2017. C’est ce que nous retiendrons de cette élection présidentielle qui, pourtant, ne ressemblait à aucune autre sur le plan politique…

La loi de moralisation de la vie publique sera-t-elle votée ?

La loi de moralisation de la vie publique

La question est sur toutes les lèvres : Emmanuel MACRON parviendra-t-il à obtenir une majorité aux prochaines élections législatives ? Le succès de son mandat et l’application de son programme en dépendent. Parmi les priorités de son programme figure le vote d’une loi de moralisation de la vie publique, qui fut la condition de ralliement de François BAYROU fin février au candidat d’En Marche. Aujourd’hui nommé ministre de la Justice pour incarner ce projet de loi, le président du Modem risque pourtant d’être confronté à une série de questions : comment faire voter une loi qui encadre davantage les pratiques des parlementaires ? Comment faire passer la promesse de « renouveau » du discours à la réalité ?

Début mars, Emmanuel MACRON présentait les grandes lignes de sa loi de moralisation de la vie publique (ou politique, au choix). Interdiction pour les parlementaires d’employer des proches ou des membres de leur famille, interdiction d’exercer une activité de conseil en parallèle de leurs fonctions publiques ou de réaliser plus de 3 mandats successifs, et fiscalisation plus complète de leurs revenu en y intégrant les indemnités de frais de mandat, jusqu’alors sous-contrôlées. Mais aussi la fin d’un régime spécial de retraites jugé très avantageux et le renforcement du rôle de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, afin de mieux prévenir des éventuels conflits d’intérêts. Cette promesse électorale s’inscrivait dans un contexte de forte défiance à l’égard de la classe politique dans son ensemble, encore prévalente aujourd’hui et qui ne date pas d’hier, mais qui a encore été accentuée par les affaires FILLON et LE PEN de ces derniers mois. En 2013, la HATVP et le Parquet National Financier avaient justement été créés pour répondre à ce besoin de « transparence », après l’affaire CAHUZAC.

Ces mesures seront-elles votées ou resteront-elles des promesses électorales ? Verra-t-on des députés et des sénateurs limiter leurs propres avantages, simplement parce que l’exécutif en a décidé ainsi, et du fait – aussi – de la pression populaire ? Les propositions du député René DOSIERE (app PS, Aisne), vrai spécialiste du sujet – mais qui ne se représente pas – seront-elles reprises par François BAYROU qui l’a déjà reçu place Vendôme ? A priori et même si un projet de loi est annoncé rapidement, les réponses à ces questions ne pourront être arrêtées qu’après les législatives…

La création de l’Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement

Les nouveaux moyens de paiement sont-ils gage d’améliorations de la sécurité en plus de faciliter le règlement de nos achats ? A contrario, la multiplication et la sophistication des moyens de paiement numériques n’entraînera-t-elle pas une élévation du risque pour le consommateur ? Et pour les entreprises ?

En entérinant la création d’un Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement le 8 avril dernier, le gouvernement semble vouloir prendre les devants pour anticiper les risques inhérents à ces innovations qui fleurissent dans le giron de l’industrie bancaire. En effet, banques en ligne, paiement sans contact, paiement par mobile, SMS ou QR code, virement instantané, paiement par wearables, ces petits objets (porte-clef, bracelet, vêtement…) du quotidien qui prétendent remplacer nos cartes bancaires… appellent à une révolution de la manière dont on paie et dont on se fait payer. Mais la digitalisation et la dématérialisation n’entraînent-elles pas, aussi, la naissance de nouveaux moyens de fraude ? Au début du mois d’avril, un homme se faisait arrêter pour arnaque au piratage de terminal mobile, via des cartes prépayées. C’est ce que semble admettre ce nouvel Observatoire aux compétences élargies, puisqu’il a pour objectif d’« anticiper les nouvelles possibilités de fraude liées aux nouvelles manières de payer, en particulier sur le web ou sur smartphone ».

Nul doute que les cartes bancaires n’ont pas dit leur dernier mot, tant elles apparaissent encore comme un moyen de paiement sûr. Leur avenir – et celui de toute une industrie inventée en France il y a 30 ans – se pose face aux GAFA qui ont maintenant l’ambition de remplacer nos banques. Les cartes bancaires sont donc à la croisée des chemins et doivent saisir les nouvelles opportunités offertes par le numérique, notamment autour des Fintech (dont la en France est déjà le 2nd marché européen après le Royaume-Uni). Est-ce également la mort programmée du paiement en liquide et de la détention d’espèces, que certains appellent de leurs vœux pour des raisons de fraude fiscale et de crime organisé ?

Il sera donc intéressant de suivre les travaux de cet Observatoire pour constater – ou pas – un déplacement du problème de la sécurité vers les plateformes digitales, les fraudeurs et autres pirates cherchant toujours à contourner les nouvelles barrières pour parvenir à leurs fins. Voici un sujet qui risque d’être le théâtre de luttes d’influence dans les années à venir…

Janvier 2017 : le regard de CALIF sur l’actualité

 Les mots d'Auvergne vus depuis l'espace

Thomas Pesquet met la tête de la France dans les étoiles

Donal Trump, qui est devenu le 20 janvier dernier le 45ème président des Etats-Unis, s’est démarqué par son utilisation de Twitter, tantôt qualifiée de compulsionnelle ou d’outrancière, tantôt comme relevant du génie de communication. En 140 caractères et quelques hashtags, le milliardaire américain est en effet parvenu à contourner les médias traditionnels en touchant directement sa cible, des millions de personnes qui s’empressaient de lire, commenter et partager chacune de ses prises de position digitales. Le magnat de l’immobilier a-t-il réinvité la communication politique et partant, l’utilisation des réseaux sociaux ? Pas sûr tant les propos et le style de Donald Trump ont pu être grossiers et provocateurs.

Heureusement, un Français a montré qu’on pouvait faire une meilleure utilisation de Twitter ! Dans un tout autre registre, Thomas Pesquet, l’astronaute français, envoie régulièrement ses clichés pris depuis l’espace où il officie, au sein de la station spatiale internationale (depuis la fin novembre). Et il nous régale, nous fait rêver avec des vues impressionnantes sur les villes et reliefs de la Terre entière, et notamment de nos régions, qu’il met bien en valeur via des hashtags et des interpellations efficaces (on pense au clin d’œil à son collège de Normandie, mais aussi aux monts d’Auvergne, aux montagnes des Alpes…). La preuve, s’il en est, que l’on peut faire de Twitter un bon outil de communication, et faire rêver 300 000 personnes (le nombre de ses followers) en leur faisant vivre des expériences par procuration ! A l’ère des drones, on devrait d’ailleurs s’habituer à voir le monde d’en haut !

flow plumelabs

La Greentech démarre bien en 2017 !

Il y a un peu plus d’un an, le gouvernement lançait en grande pompe un incubateur de startups de la Greentech au sein du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer. Celui-ci prévoyait le financement et l’accompagnement de 50 startups favorisant la transition écologique, dans des domaines comme la réduction des consommations énergétiques domestiques, l’utilisation des données de transport en temps réel, le recyclage des composants d’un produit etc. Presqu’un an après, et alors que s’ouvre une nouvelle année, quelles sont les startups françaises les plus avancées en la matière ? Le mois de janvier nous offre une première réponse, avec 3 startups démarrant sur les chapeaux de roue !

Plume Labs, qui avait été lancée en 2016 à Londres par un ingénieur polytechnicien, Romain Lacombe, a dévoilé au CES de Las Vegas du début du mois son nouveau produit, Flow, qui permet à chaque utilisateur de mesurer le taux de pollution de son environnement. L’année dernière, Plume Labs s’était faite remarquée par son initiative, originale, de mettre à contribution les pigeons de la ville de Londres pour mesurer le taux de pollution (particules fines, dioxyde d’azote, composés organiques volatils…) en accrochant à leurs pattes de petits capteurs. Ce nouveau produit devrait donc conforter son positionnement et à terme, la startup ambitionne de développer un réseau mondial d’utilisateurs afin d’avoir une visibilité sur le taux de pollution des plus grandes villes du monde, sur le modèle de Waze (dans le secteur des transports).

Dans un autre domaine Izigloo prévoit de devenir le carnet de suivi et d’entretien incontournable du logement, en fédérant les foyers et les professionnels du bâtiment. Financée par la MGEN et par BPI France à hauteur de plusieurs millions d’euros, la startup nantaise est composée d’une cinquantaine d’experts informatiques et du bâtiment et regroupe près de 800 données techniques complémentaires sur les habitations (ensoleillement, épaisseur des murs, année de construction…). Grâce au savoir-faire privé et à la collaboration du public (les données sont tirées des plateformes publiques d’open data, permises par les dernières avancées législatives en la matière) on voit donc qu’une solution efficace (et rentable !) allant dans le sens de la transition énergétique est capable d’émerger en France. La société devrait nouer des partenariats dans les mois à venir.

Enfin, davantage peut-être dans le domaine agricole qu’environnemental (mais tout de même), Sencrop, une autre startup française, vient ce mois-ci d’asseoir son positionnement de station de collecte de données pour les agriculteurs en levant-ci 1,4 millions d’euros auprès de deux fonds d’investissements : Breega et Emertec. Grâce à de nombreux capteurs (mesurant l’hydrométrie, la force du vent, le taux d’acidité du sol, etc.), elle alimente des outils d’aide à la décision (OAD) pour permettre aux exploitants d’adapter leurs plans de semis, d’irrigation ou de traitement. En somme, de se diriger vers une agriculture de précision moins consommatrice en intrants et en énergie. Et cette startup agricole et environnementale milite pour la collaboration des professionnels plutôt que la compétition, puisqu’elle leur propose de partager leurs données et non de les stocker, ce qui permettrait de mutualiser les coûts d’investissement et donc d’outrepasser les problèmes d’investissements pour les petites exploitations.

Les voeux d'Arnaud Montebourg sur Twitter

Les vœux politiques, une tradition qui se confirme en 2017 !

Le mois de janvier est l’occasion pour les hommes politiques de tous bords d’adresser leurs vœux à leurs administrés ou aux citoyens en général. Ils sont un moment privilégié pour faire le bilan de l’année passée et annoncer les grandes mesures, et les grands projets à venir. Ils sont aussi l’occasion de faire des promesses, et de glisser des messages subliminaux dans un discours qui est souvent très politisé (a fortiori en 2017, année d’élections par excellence). Mais sont-ils encore efficaces ? Peut-on se passer aujourd’hui de cérémonies de vœux ou est-ce un passage obligé ?

Cette année encore, les maires, les députés, les présidents de région et les candidats à l’élection présidentielle s’y sont adonnés. Via Twitter (misant sur la sobriété avec un simple message pour Emmanuel Macron, ou l’originalité pour un selfie-vidéo pour Arnaud Montebourg), via une cérémonie en salle des fêtes ou en hôtel de région (avec une volonté marquée de valoriser l’Auvergne dans la nouvelle grande région à Clermont-Ferrand, par Laurent Wauquiez par exemple), via une apparition debout derrière un pupitre pour le président de la République ou encore via une simple carte de vœux, qui permet souvent de mettre en valeur un service communication ou une agence proche. Différents styles se sont exprimés : ceux balançant entre le traditionnel et l’innovation, ceux misant sur le sérieux et les autres sur le compassionnel (en faisant référence aux personnels hospitaliers comme Benoît Hamon, aux personnels de police comme Manuel Valls…), l’humour (avec un montage vidéo de Nathalie Kosciusko-Morizet) ou le discours de politique générale (pour Vincent Peillon par exemple).

Attention toutefois à ne pas verser dans un exercice de communication politique trop informel : nous nous rappelons par exemple de Hervé Morin adressant ses vœux aux Français depuis sa cuisine (une pièce chère à ses yeux selon ses propos), la moquerie ayant clairement réduit l’impact du message (qui se souvient de ce qu’il souhaitait nous dire ?) ou un président de la République auprès du feu avec sa femme (en la personne de Valérie Giscard d’Estaing). Une chose est sûre, les vœux restent un bon moyen de communiquer, et de faire passer des messages pour tous les hommes politiques.

Novembre – Décembre 2016 : le regard de CALIF sur l’actualité

 

 La taxe Youtube

Le CNC a réussi son lobbying sur la taxe Youtube

Les parlementaires avaient tenté de l’adopter en 2015, la taxe Youtube a été votée in fin 2016 (le 6 décembre à l’Assemblée nationale, puis le 16 décembre au Sénat) dans le cadre du Projet de Loi de Finances Rectificatives de 2016. Fruit d’un lobbying intense et à peine masqué du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC), cette nouvelle taxe a été l’occasion d’un affrontement rude entre les plateformes d’hébergement (de type Youtube, Netflix, Dailymotion etc.) et les auteurs/producteurs, ces-derniers l’ayant finalement emporté. Une brèche dans les revenus publicitaires des grandes plateformes qui pourrait bien à terme conduire à une réelle fiscalisation des géants du web présents en France…

Que prévoit ce nouveau dispositif législatif ? Imposer à hauteur de 2% (pour les contenus jugés conventionnels) ou à hauteur de 10% (pour les contenus à caractère violent ou pornographique) les revenus publicitaires tirés de la diffusion de vidéos par les éditeurs de services numériques et des plateformes de partage de contenu audiovisuel et cinématographique. Les sites Internet d’information, dont la diffusion de vidéos ne représenterait qu’une activité secondaire, et les sites d’actualité cinématographique (de type Allociné) seraient exonérés. Le bénéfice annuel de cette taxe a été estimé à entre 1 et 2 millions d’euros, montant critiqué par ses détracteurs : elle permettrait à peine de couvrir ses frais de recouvrement, et serait de surcroît « inapplicable » du fait de la difficulté de taxer les géants du web par essence réticents à déclarer leurs revenus en France.

Abondant directement le CNC, cette nouvelle ressource budgétaire devrait assurer un financement plus important de la production culturelle (s’ajoutant aux quelque 700 millions d’euros qui constituent son budget), et notamment celle du web. C’est du moins son argument. Mais ses principaux détracteurs, comme l’ASIC, l’association des plateformes d’hébergement, affirment que la mesure n’a été précédée d’aucune étude d’impact préalable, et que ledit financement de l’activité culturelle en ligne serait plus que douteux. Le gouvernement, par l’intermédiaire de Christian Eckert et de Jean-Vincent Placé, s’est d’ailleurs publiquement prononcé contre la mesure, pointant que l’initiative française de taxation des géants américains (le secteur est principalement concentré entre leurs mains) apparaîtrait comme non coordonnée avec une initiative européenne d’harmonisation fiscale, qui serait beaucoup plus efficace.

Une chose est sûre : le vote de cette loi a permis de voir le lobbying auquel s’est donné le CNC, organisme public dont on attend de savoir s’il devra s’inscrire au inscrire au registre de transparence des représentants d’intérêts prévu par la loi Sapin II…

Les vieilles ficelles de la communication

Les vieilles ficelles de la communication…

La Primaire de la droite et du centre l’a montré, rien n’est réellement prévisible en politique, et surtout, tout peut changer au dernier moment ! Le choix de François Fillon par les électeurs de droite le 27 novembre dernier a prouvé que les idées comme le positionnement de communication du candidat ont payé, et ont permis de dépasser ses deux principaux rivaux, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Comment un tel revirement de l’opinion, à quelques semaines du premier tour, a-t-il permis au député de Paris de l’emporter ? Tout simplement en utilisant les vieilles recettes de la communication politique.

Tout d’abord, la télévision. Salué par tous les commentateurs politiques comme excellent lors des deux débats télévisés d’avant premier tour, l’ancien Premier ministre n’a pas suscité la passion des médias, paraissant prequ’effacé, mais a séduit les électeurs avec son sérieux et son calme affiché. Ensuite, le programme. Contrairement à Bruno Le Maire qui avait choisi de démontrer le sérieux de son projet en éditant 1 000 pages de programme (ce qui a pu faire peur à une partie de son électorat…), François Fillon a énoncé un programme clair et construit, fruit d’échanges entamés avec la société civile depuis plusieurs mois.

Encore, sa mobilisation sur le terrain. On l’oublie trop souvent, une élection ne se joue pas forcément dans les médias et à Paris, elle se joue aussi au contact direct des électeurs, parfois loin des caméras. Or, si l’ancien Premier ministre laissait entendre dans sa communication sur les réseaux sociaux qu’il percevait une réelle mobilisation dans ses meetings, les journaux et radios ne relayaient que peu la réelle montée de soutiens et d’énergie qui provenait des territoires. Un maillage du territoire fait de rencontres et de discours qui a certainement payé.

Enfin, notons que François Fillon est le seul candidat à avoir édité un programme papier et l’a fait distribué dans les boites aux lettres de quartiers / territoires favorables à la droite. Quand on sait que cet électorat est âgé, il était donc intelligent de ne pas trop délaisser le papier.

In fine, alors que tous les experts regardaient la Primaire de la droite comme un laboratoire de nouveaux outils de communication, particulièrement digitaux, ce sont finalement les vieilles recettes (TV, programmes papier, déplacements bien ciblés, relais dans la société civile) qui se sont révélées les plus efficaces en terme de communication.

Logo_Forum2016, l’année de l’Open Data ?

L’année 2016 a-t-elle été celle de l’Open Data ? Avec une ribambelle d’événements consacrés au sujet, des collectivités directement concernées par l’ouverture des données avec le vote de la loi pour une République numérique et des technologies qui se démocratisent, il est bien possible que la France soit définitivement entrée dans l’ère du partage et de la synergie des informations.

En décembre, dans le cadre du Sommet mondial du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert qui avait lieu à Paris, CALIF a organisé le Local Government Open Data Forum qui réunissait élus (OpenData France), startups (OpenDataSoft), grands groupes délégataires de services publics (Keolis, Enedis) et avocats (Altana) autour du thème de l’open data territorial. Avec des représentants de plus de 20 pays présents dans la salle, le Forum a été l’occasion de discuter des enjeux de l’open data pour les territoires mais également des dernières avancées réglementaires en la matière, qu’elles soient nationales ou européennes.

Ainsi, les deux derniers mois de l’année ont été marqués par l’obligation faite aux collectivités locales de plus de 3 500 habitants de publier sur une plateforme ou sur la plateforme d’une autre collectivité, voire de l’Etat, des jeux de données prédéfinis afin de les mettre à disposition de toute la société civile qui peut s’en saisir à des fins économiques et démocratiques. Mais comme il a été souligné au cours Forum, l’enjeu de publication des données peut poser problème dans un contexte de concurrence où des délégataires de services publics (on pense au domaine de l’énergie, de l’équipement, des infrastructures de transport…) peuvent se voir forcés à publier des données qui relevaient jusqu’alors du secret des affaires. Où l’on se rend finalement compte que ce sujet est très difficile à traiter à la seule échelle nationale. Il s’agit en effet d’un enjeu européen, voire mondial.

L’enjeu de l’année 2017, avec les élections présidentielle, législatives et sénatoriales qui s’annoncent est donc de savoir si l’open data et la régulation du numérique seront encore au programme de nos futurs élus, avec une vision très franco-française ; ou bien si ces sujets sont destinés à être portés à l’échelle européenne (où l’attend une mise à jour des textes cette année).

Octobre 2016 : le regard de CALIF sur l’actualité

la santé connectée en octobre 2016

La santé connectée est-elle encore un secteur d’avenir ?

Le licenciement de 40% de ses effectifs par l’ex-pépite de la Silicon Valley Théranos et l’annonce des pertes importantes de Visiomed, à hauteur de 5,7 millions d’euros, laissent planer un doute sur les promesses de cette filière, fruit du mariage du numérique et de la santé.

Théranos, la start-up spécialisée dans l’analyse de test sanguins à des coûts beaucoup plus bas et une rapidité sans égal, a déçu l’ensemble de l’écosytème de Palo Alto début octobre en annonçant le licenciement de plus de 350 personnes, soit 40% de son effectif, et la fermeture de tous ses laboratoires et centres de prélèvements. Une étude du Wall Street Journal ainsi que plusieurs investigations officielles avaient montré que ses procédés ne respectaient pas certaines règles et qu’ils pouvaient même mettre en danger la vie des patients. Visiomed, de son côté, justifie les pertes importantes de l’exercice du premier semestre 2016 par un investissement important en matériel, en vue de son entrée sur le marché américain à la suite de la signature d’un partenariat avec le groupe américain Henry Schein Medpod.

Pourtant, d’autres exemples tendent à montrer que le secteur des medtech reste, malgré tout, assez dynamique ! La tenue, par exemple, du Big Bang de la santé connectée le jeudi 27 octobre à la Maison de la Chimie, organisé par Le Figaro (et dont l’organisatrice en chef Aziliz de Veyrinas, vient de rejoindre Viva Technology). Mais aussi l’augmentation fulgurante du nombre de membres de l’association française France eHealth Tech qui rassemble les entreprises de la filière. En quelques mois, elle est passée d’à peine plus de 20 membres à plus de 125 (voir sur le site Internet). Cela semble témoigner d’un dynamisme des entreprises de la e-santé, comme Diabeloop (et son pancréas artificiel) ou Kyomed, Connectedoctors et Umanlife.

Les medtech peuvent-elles alors tenir leurs promesses ? Une étude d’Ipsos pour Meddapcare et Ag2r La Mondiale, publiée le jeudi 20 octobre, montrait que 43% des Français utilisaient une application de santé, ce qui constituait une augmentation importante. Si le seul segment des applications numériques n’est pas représentatif de l’ensemble des medtech, il peut constituer un indicateur pour l’évolution du reste du secteur. On recense aujourd’hui plus de 160 000 applications de santé, comme le député Jean-Louis Gagnaire le faisait remarquer lors de notre Forum Parlementaire de la Santé Connectée en mars dernier. Reste à savoir quelles applications seront utilisées, et lesquelles constituent une réelle avancée, pour le patient, le médecin ou pour la science…

la loi Sapin sur le lobbying

Réforme du lobbying : la loi Sapin 2 ne loge pas tout le monde à la même enseigne !

L’adoption prochaine de la loi Sapin 2 a démontré que le lobbying était un processus finalement encore mal assumé en France. En substance, les cabinets de conseil, les entreprises et, dans une moindre mesure, les fédérations professionnelles sont bien des lobbys, soumis à des règles que, d’ailleurs, ils ne contestent pas (dans leur grande majorité). En revanche, les associations d’élus, le secteur public, les associations n’en sont pas.

Pour ceux qui ont vécu les débats autour de la Loi de Transition énergétique, avec ses centaines d’amendements – souvent tout à fait légitimes et utiles pour faire avancer les débats – déposés par les ONG et les associations environnementales, il est bien surprenant de constater que ce ne sont donc pas des lobbies en France. Idem pour les syndicats de salariés qui ont allègrement amendé la loi Travail en encore les associations d’élus autour de la loi NOTRe. Si le département a encore de beaux jours devant lui malgré les annonces de suppression de cet échelon administratif par le Premier ministre dans son discours de politique générale en avril 2014, n’est-ce pas la marque du lobbying (réussi) de l’Association des Départements de France ?

Alors que l’on pointe souvent Bruxelles du doigt pour son opacité, reconnaissons encore une fois que le Parlement européen est plus ouvert : tout le monde fait partie du registre de transparence des institutions européennes : cabinets, entreprises, fédérations, associations, ONG, collectivités locales… En France, même si l’on progresse, il y a donc encore du chemin à faire…

le nouveau livre sur le Président de la République

La rentrée littéraire…du président de la République !

Alors que la saison des prix littéraires vient de se terminer, une catégorie supplémentaire aurait pu faire son apparition en cette rentrée 2016 : celle du meilleur livre de confession du président de la République !

Nombreuses ont été les révélations et les ouvrages ouvrant les salons de l’Elysée avec, en guest star, le président lui-même nous comptant l’histoire du quinquennat. Quelle était la stratégie de François Hollande ? Au départ certainement, la volonté d’écrire lui-même l’histoire. En effet, notre président sait très bien qu’avec son entrée à l’Elysée, il s’assure quelques quarts d’heure de célébrités dans les salles de classe pour de longues années. En effet, quel professeur d’histoire pourrait faire l’impasse sur le 7ème président de notre Vème République, à l’heure d’étudier notre système politique actuel ? Même à la fin du XXIème siècle, nos écoliers auront sur leurs tablettes numériques un passage obligé sur le quinquennat 2012-2017. Ne serait-ce aussi que pour les tragiques moments que nous avons vécus pendant ces années.

François Hollande a donc certainement eu comme volonté d’écrire lui-même l’histoire de son quinquennat. Mais, face à une conjoncture politique qui se dégradait, ces confidences apparurent peut-être comme bien utiles pour justifier les difficultés rencontrées depuis près de 5 ans car publiées suffisamment tôt avant les présidentielles pour qu’on ne regarde plus derrière mais bien devant au moment de la campagne en mars / avril 2017. Car qui peut penser que Conversations privées avec le Président (Antonin André et Karim Rissouli, Albin Michel) et Un président ne devrait pas dire ça… (Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Stock) étaient prévus dans nos bacs pour cet automne ?

In fine, il s’agirait donc d’un énième couac de communication, à rapprocher des nombreux autres qui rythment la vie de l’Elysée depuis mai 2012, comme le décrivent Joël Amar et Ziad Gebran dans un autre livre remarqué en cette rentrée : Moi, président des couacs (Editions Kawa) ?

Espérons que cette frénésie de publication autour de François Hollande profite au moins à nos éditeurs et à nos libraires !