Les nouveaux moyens de paiement sont-ils gage d’améliorations de la sécurité en plus de faciliter le règlement de nos achats ? A contrario, la multiplication et la sophistication des moyens de paiement numériques n’entraînera-t-elle pas une élévation du risque pour le consommateur ? Et pour les entreprises ?

En entérinant la création d’un Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement le 8 avril dernier, le gouvernement semble vouloir prendre les devants pour anticiper les risques inhérents à ces innovations qui fleurissent dans le giron de l’industrie bancaire. En effet, banques en ligne, paiement sans contact, paiement par mobile, SMS ou QR code, virement instantané, paiement par wearables, ces petits objets (porte-clef, bracelet, vêtement…) du quotidien qui prétendent remplacer nos cartes bancaires… appellent à une révolution de la manière dont on paie et dont on se fait payer. Mais la digitalisation et la dématérialisation n’entraînent-elles pas, aussi, la naissance de nouveaux moyens de fraude ? Au début du mois d’avril, un homme se faisait arrêter pour arnaque au piratage de terminal mobile, via des cartes prépayées. C’est ce que semble admettre ce nouvel Observatoire aux compétences élargies, puisqu’il a pour objectif d’« anticiper les nouvelles possibilités de fraude liées aux nouvelles manières de payer, en particulier sur le web ou sur smartphone ».

Nul doute que les cartes bancaires n’ont pas dit leur dernier mot, tant elles apparaissent encore comme un moyen de paiement sûr. Leur avenir – et celui de toute une industrie inventée en France il y a 30 ans – se pose face aux GAFA qui ont maintenant l’ambition de remplacer nos banques. Les cartes bancaires sont donc à la croisée des chemins et doivent saisir les nouvelles opportunités offertes par le numérique, notamment autour des Fintech (dont la en France est déjà le 2nd marché européen après le Royaume-Uni). Est-ce également la mort programmée du paiement en liquide et de la détention d’espèces, que certains appellent de leurs vœux pour des raisons de fraude fiscale et de crime organisé ?

Il sera donc intéressant de suivre les travaux de cet Observatoire pour constater – ou pas – un déplacement du problème de la sécurité vers les plateformes digitales, les fraudeurs et autres pirates cherchant toujours à contourner les nouvelles barrières pour parvenir à leurs fins. Voici un sujet qui risque d’être le théâtre de luttes d’influence dans les années à venir…

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