Le 9 novembre dernier, Emmanuel MACRON a annoncé une baisse du prix du permis de conduire, alors qu’une mission parlementaire pour un meilleur accès à cet examen a été annoncée à l’Assemblée nationale.

Après avoir libéralisé le secteur dans le cadre de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques lorsqu’il était ministre de l’Économie, le président de la République entend ainsi s’attaquer de nouveau à un secteur d’activité souvent pointé du doigt pour les prix pratiqués et les disparités de ceux-ci suivant les régions.

Pour mémoire, en 2016, l’UFC-Que choisir avait mené une enquête sur le sujet, emboîtant le pas à la CLCV qui relevait que le forfait de 20 heures de conduite pouvait varier du simple au double suivant si l’on passait son permis à Lille ou à Paris.

La volonté affichée par Emmanuel MACRON de consacrer le passage du Code de la route dans le cadre du parcours scolaire relevant de l’Éducation nationale témoigne d’un souhait d’appréhender le fameux papier rose comme un « véritable passeport pour l’emploi », conscient que son coût conduit à un renforcement des inégalités d’accès à celui-ci.

Toutefois, outre l’idée de renforcer le pouvoir d’achat des Français et notamment des futurs usagers en pleine polémique sur la hausse du carburant, il s’agit aussi et surtout d’affirmer une nouvelle approche en termes de sécurité routière. Désormais, celle-ci relèverait d’un continuum éducatif dispensé par l’Etat au risque de vider de son sens la mission première des auto-écoles qui est celle de former les jeunes à la sécurité routière.

Il n’est donc pas étonnant que la déclaration d’Emmanuel MACRON ait été interprétée comme une « déclaration de guerre » de la part du secteur représenté par le CNPA Education-routière, l’Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec) et l’Union nationale des indépendants de la conduite (Unic), et ce, alors que des propositions alternatives ont d’ores et déjà été formulées par les principaux concernées. La baisse de la TVA ou encore la mise en place de cours collectifs, sont en effet autant de mesures avancées par ces derniers, à rebours de l’idée de demander à des professeurs qui n’ont pas la compétence et les connaissances, d’enseigner le code à leurs élèves, ou à des professionnels d’aller enseigner dans les établissements. Sans oublier que l’activité des auto-écoles est, comme beaucoup d’autres, une activité concurrencée par des start-ups comme Ornikar ou En voiture Simone qui ont pour ambition de disrupter ce marché et surtout de casser les prix. Un challenge pas simple si l’en croit la double liquidation judiciaire qu’a connue la société lyonnaise PermiGo précurseure sur ce marché…

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