Communication politique : que retenir de la campagne présidentielle 2017 ?

Une campagne présidentielle est un toujours un moment passionnant pour observer de nouvelles techniques de communication politique. Cette campagne 2017 n’a pourtant pas réellement introduit de vraies nouveautés, si ce n’est le désormais fameux hologramme de Jean-Luc MELENCHON ou encore son jeu vidéo. En effet, les valeurs sûres de la campagne étaient essentiellement des redites de 2012 pour ce qui est de la communication politique : meetings en plein air, forte activité digitale… Là aussi, reconnaissons que Jean-Luc Mélenchon avait un temps d’avance puisqu’il était à l’origine de ces innovations en 2012. Mais une bonne communication ne fait toutefois pas une élection et l’avènement du tout digital n’est pas encore gage de victoire puisque Jean-Luc Mélenchon n’a pas été élu.

Durant la campagne, la communication d’Emmanuel Macron n’a peut-être pas été très innovante mais elle a été efficace, en se basant sur des outils simples mais fondamentaux : le porte-à-porte, avec son rassemblement de marcheurs ou encore la forte présence militante sur les marchés, ce qui montrait une vraie dynamique de terrain au sein de l’électorat. On peut donc retenir de 2017 qu’un travail du terrain par les militants (ou helpers en langage macronien) est peut-être encore plus utile qu’une bonne campagne digitale.

Il en va différemment de l’après-campagne. En 2012, de très nombreux quick-books avaient été publiés dans la semaine suivant le second tour, soit un moyen de revivre rapidement, côté coulisses, la victoire de François Hollande ou la défaite de Nicolas Sarkozy. Les éditeurs avaient innové en sortant des livres très rapidement. L’histoire s’écrivait donc encore sur papier. Pour l’après-campagne 2017, c’est la télévision qui a repris le dessus puisque les quick-books prévus cette année ont bien du mal à se faire une place après la diffusion du documentaire événement « Les coulisses d’une victoire » de Yann L’Henoret – produit par le reconnu et estimé Pierre-Antoine Capton (3ème Œil production) – et diffusé par TF1 dès le lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron. L’intérêt du documentaire résidait aussi dans la capacité à présenter – en images – un président élu que les Français connaissaient finalement assez peu (ce qui n’était pas le cas de François Hollande ou Nicolas Sarkozy en 2012), tout comme ils pouvaient aussi apprécier les personnages jouant les seconds rôles, à savoir le staff rapproché d’Emmanuel MACRON ! Au final, que ce soit via les primaires de droite et gauche puis via l’élection présidentielle (où le débat de l’entre-deux-tours a également été un marqueur), la télévision n’aura pas dit son dernier mot en 2017. C’est ce que nous retiendrons de cette élection présidentielle qui, pourtant, ne ressemblait à aucune autre sur le plan politique…

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